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Nous avons écrit... à la plume, en pleins et déliés

par Danièle URIOT

Les plumes

Danièle URIOT
Danièle URIOT

Employée aux écritures, voici la qualification sous laquelle j’ai commencé ma vie de salariée à la Trésorerie générale de Meurthe et Moselle en 1960.
Définition : personne salariée qui n’a aucune responsabilité d’encadrement ou de direction et travaillant dans certains secteurs d’activités : administration, commerce, services, ...

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En effet, je vérifiais les paies des enseignants, ou je chiffrais à la main sans calculette naturellement, le montant des pensions des anciens combattants.

J’écrivais soit au crayon de papier pour les pointages, soit à la plume ou au stylo plume au début, puis après au stylo à bille.

Danièle URIOT
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J’ai appris à l‘école à travailler à la plume trempée dans l’encrier. Ce n’était pas sans risque parce que souvent une goutte d’encre tombait sur le cahier et voilà une belle tache d’encre. On mettait bien un buvard sous notre main, mais !!! Les différentes plumes ne permettent pas les mêmes écritures : l’écriture avec une plume dure comme la Sergent-Major n’est pas la même qu’avec une plume souple comme la Gauloise. Comme la plume d’oiseau, la plume métallique doit être trempée dans l’encre à intervalles rapprochés.

La plume est un morceau de métal ou d’autre matière, taillé en bec, dont la forme permet de retenir une petite réserve d’encre par capillarité et qui, adapté à un porte-plume, sert à écrire ou à dessiner.

Dans le second tiers du XIXème siècle, la plume d’oiseau est supplantée par la plume métallique, produite d’abord en Angleterre, puis dans toute l’Europe. A bec plus ou moins large, elle permet une distinction plus nette entre pleins et déliés en fonction de l’angle selon lequel la plume frotte le papier.

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La plume est en concurrence avec d’autres instruments pour déposer de l’encre : le pinceau en Extrême-Orient et le calame au Moyen-Orient et en Afrique (roseau taillé en pointe).

Les plumes étaient à l’origine, faites à partir de plumes d’oiseaux. Chaque oiseau produit environ cinq pennes utilisables sur chaque aile. Le bout de la penne est durci par chauffage puis taillé en bec pour retenir la goutte d’encre, le porte-plume est la penne elle-même, plume d’oie et d’autres oiseaux.

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Les extrémités des tiges étaient plongées dans de la cendre ou du sable chaud. Elles étaient ensuite grattées avec une lame puis laissées à vieillir pendant environ un an. Leur taille, dernière étape avant utilisation, nécessite une connaissance et une habileté particulière, elle se fait à l’aide d’un taille-plume.

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La plume d’oie (d’oiseau) est connue des romains (première mention écrite sur des parchemins et papyrus au IVème siècle).
Elle dominera tout le Moyen Âge, même sur les parchemins pour les enluminures, et la période classique. (Enluminure de ma composition).

Elle disparaît pratiquement à la fin du XIXème siècle.

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La plume métallique apparaît dans l’Antiquité : plumes de cuivre en Égypte, plumes de bronze à Rome, plumes d’or et d’argent au Moyen Âge. Elle tente de compenser le défaut de la plume d’oie dont la pointe s’use vite en grattant le papier mais son manque de souplesse et sa mauvaise tenue à la corrosion provoquée par l’encre ne lui permet pas de la détrôner.

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Par sa forme, sa fente et sa souplesse, la plume permet de calligraphier les pleins et les déliés.

Seule l’apparition de nouveaux aciers ayant la résistance et la souplesse nécessaire lui permettra de conquérir le monde. Ces premiers aciers sont produits à Birmingham vers 1820.

En 1827, est breveté à Paris, la plume portable sans fin qui s’alimente elle-même avec de l’encre, précurseur du stylo-plume d’aujourd’hui.

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Dès la fin du XIXème siècle, le stylographe (ou stylo-plume ou porte-plume réservoir) a ensuite concurrencé la plume pour porte-plume avec l’avantage de posséder sa propre réserve d’encre, d’abord sous forme d’un réservoir, puis de cartouches jetables.

Dès 1960, le stylo à bille et le stylo-feutre détrônent la plume qui n’est plus aujourd’hui utilisée que pour la calligraphie, le dessin et sur les stylographes. Chaque instrument a un réservoir d’encre, si bien qu’il n’est pas besoin d’avoir avec soi un encrier. Mais la plupart des stylos-plume ainsi que les stylos à bille ou les feutres ne permettent pas de réaliser des pleins et des déliés.

Aujourd’hui, la plume est devenue un objet de collection recherché par les calamophilistes. Il existe un grand nombre de plumes différentes.

Fabriquée de manière artisanale depuis l’Antiquité égyptienne, l’industrialisation de la plume métallique se fit de 1820 à 1840 grâce à la machine à vapeur qui permit l’amélioration de la qualité des aciers et la mise au point des procédés de fabrication des métaux en feuille.

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La plume métallique devient alors un bec de plume que l’on insère dans un porte-plume.

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En France une industrie se développa sur le chemin d’importation des plumes anglaises.

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Les plumes sont ensuite mises dans des boites en carton illustrées, elles contiennent généralement une grosse (144 plumes).

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D’autres conditionnements sont utilisés, boîtes métalliques puis en matière plastique avec des contenus adaptés au marché, 5, 10, 24, 100 plumes.

Cette activité employait une très importante main d’œuvre, en particulier féminine (5000 personnes à Birmingham en 1850 pour une production annuelle qui dépassait le milliard de plumes).

La plume devenant un objet de consommation courante, la concurrence entre les fabricants a entraîné le besoin de se différencier et d’attirer les consommateurs. Les plumes prennent des formes diverses. Elles prennent également des noms divers :

  • liés à l’actualité : plume de l’Alliance – plume du Jubilé
  • destinés à des consommateurs particuliers : plume Chrétienne – plume du Sacré Cœur pour les écoles chrétiennes.
  • liés aux modes : après la défaite de 1870, un relent de patriotisme entraînera la création en France de plumes militaires : Sergent-Major – Sergent-Chef – plume Patriotique – A la Cantinière – A la Cocarde.

La plume métallique pour porte-plume disparaît comme objet de consommation courante à partir des années 1960.

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Toutefois le plumier reste dans les sacs, mais il sera bientôt remplacé par des trousses en tissu plus pratiques pour le rangement.

Au début du XXème siècle chaque fabricant propose plusieurs centaines de modèles. En 1966, Blanzy-Conté-Gilbert (un des derniers fabricants français) n’en propose plus que 50, en 1970 : 20 et en 1979 : 4.

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Aujourd’hui il ne subsiste que quelques fabricants dans le monde qui produisent des plumes pour le dessin et quelques modèles pour l’écriture, vendus comme outils pour les calligraphes ou comme objets de curiosité.

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Plume de Stylographe

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La plume de stylographe ou stylo-plume, est faite d’acier ou d’or ; d’autres métaux précieux sont aussi utilisés. Pour lui assurer une bonne résistance à l’usure, l’extrémité du bec est parfois réalisée en iridium.

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Il existe différentes qualités de plumes, allant de la plus banale plume d’acier brut ou doré, installée sur les stylo-plumes scolaires, aux plumes étudiées installées sur les stylo-plumes de luxe des grandes marques, dont les plumes sont en or, platine, ou bien palladium. Dans cette dernière catégorie chacune des plumes est spécifique et la plume la plus recherchée par les amateurs est celle possédant la « dreamtouch » (touché de rêve) qui ne nécessite pas de pression pour écrire, mais dont le tracé s’effectue en effleurant le papier avec douceur et souplesse grâce à une capillarité qui offre un constant et conséquent débit d’encre.

Il existe aussi des plumes dites « Italique » spéciales pour la calligraphie dont le bec est non renforcé par une microbille d’iridium et est taillé en biseau plus ou moins large selon l’épaisseur du trait désiré.

Les deux parties principales d’un plume métallique sont le canon et la pointe. Le canon est la partie qui sert à maintenir la plume (par ex : dans un porte-plume), la pointe est la partie qui est en contact avec l’encre.

Le canon peut être cylindrique ou plat. Il est souvent gravé ou estampé pour indiquer le nom du fabricant, le nom de la plume et ses caractéristiques. La base du canon s’appelle le talon, qui est parfois surmonté d’un trou.

Le canon et la pointe peuvent être séparés par un épaulement ou un rétrécissement, la gorge.

La pointe est constituée d’un épaulement, d’une carne et d’un bec. Le bec a une incision centrale, la fente, qui se termine par un jour, ou percé.

Pour rendre le bec plus souple, il peut avoir des incisions latérales qui elles même peuvent se prolonger en une fente, le ciseau.

L’encre est une substance fortement teintée, généralement noire, qui sert à marquer le support, papier, textile. Les encres sont utilisées pour l’écriture, le dessin, l’impression ou la décoration.

L’encre est généralement conditionnée en cartouches, flacons, bouteille ou bidons pour son transport. Certains de ces flacons peuvent servir d’encrier. Elle peut aussi être sous forme solide (« bâton » encre de chine).

Encre pour l’écriture

Ce sont des substances liquides résultant de la mise en solution de colorants d’origines organiques, végétales, minérales ou chimiques, dans un solvant.

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L’encre de chine est fabriquée à base d’un bâtonnet qu’on dilue.

L’encre invisible ou encre sympathique est une substance ne devenant visible que par une action ultérieure sur le support d’écriture (chauffage ou vaporisation d’un produit chimique).

Encrier

C’est traditionnellement un petit récipient qui contient de l’encre et dans lequel on trempe la plume pour écrire sur le papyrus, le parchemin ou le papier. On l’utilise depuis l’Antiquité. Au Moyen Âge, il pouvait être fait dans une corne d’animal. Il peut être inclus dans un meuble ou être portatif. Il en existe une variété infinie quant aux matières (argent, corne, faïence, porcelaine, verre, cristal, bakélite, plastique, etc.) et quant aux formes.

C’est aussi le nom donné au réservoir qui approvisionne en encre les rouleaux d’une machine à imprimer (presse, rotative).

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Le stylo

Le stylo (apocope de stylographe) est un outil généralement de forme allongée facilitant sa préhension qui sert à écrire ou à dessiner. Son avantage est de posséder son propre réservoir d’encre. Le vrai nom de stylo est « stylographe », il a progressivement remplacé le porte-plume.

Le mot est attesté en Grande-Bretagne dès 1882 mais ne fut utilisé en France qu’à partir de 1907. Il ne figure cependant pas encore dans le Larousse élémentaire illustré de 1918.

On parlait plus couramment à l’époque de « porte-plume réservoir », « plume à réservoir » ou « plume-réservoir »].

À la fin du XIXème siècle, la plume d’oie est remplacée par la plume métallique. Avec son porte-plume, la plume métallique dont la plus connue en France est la plume Sergent-Major, se diffuse dans les écoles.

Le stylo a ensuite continué à évoluer. La plume tient en place soit en force par la relative élasticité du métal, soit par un petit levier incorporé au porte-plume

Un stylo à bille (parfois appelé stylo-bille, pointe-bille, bic ou stylo-bic) est un outil servant à écrire, plus spécifiquement un stylo proche d’un crayon dans la forme et la dimension. Les stylos-bille possèdent une réserve interne d’encre visqueuse qui est étalée sur le papier lors de l’écriture par l’intermédiaire d’une petite bille (en général entre 0,7 et 1 mm de diamètre) qui est en rotation. L’encre sèche presque immédiatement après le contact avec le papier. Peu chers, sûrs et ne nécessitant pas d’entretien, ils ont fortement remplacé le stylo-plume.

En 1950, est lancé le modèle Cristal, sous la marque Bic. Il ressemble à un crayon muni d’un capuchon dont la couleur annonce la couleur de l’encre, dont la consommation peut être suivie grâce à la transparence des matières plastiques du tube souple qui la contient et du tube rigide à section hexagonale qui en constitue la carrosserie.

En 1961, le carbure de tungstène de la bille remplace l’acier inox employé jusque-là et lui garantit un fonctionnement sans crachotements tandis qu’il s’efforce de franchir les portes de l’école et y réussit en 1965 en France.
Bic entre dans le club très fermé des marques devenues noms communs. Il conquiert le monde et inaugure l’ère du jetable et de la société de consommation. Il devient monnaie d’échange pour les touristes occidentaux. Il est l’auxiliaire modeste de l’alphabétisation des pays pauvres.

J’aime toujours écrire avec un stylo plume ou un porte-plume, l’écriture est plus jolie à mon goût.

Quand, j’ai pris ma retraite, en 2003, j’étais adjoint administratif à la maire de Villey le sec et je travaillais sur un ordinateur. Quel parcours !

Juin 2012
Source principale : Wikipédia