Villey le sec
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Commémoration du 11 novembre

par Danièle URIOT

Le monument aux morts
L’armistice de 1918, signé le 11 novembre 1918 à 5h15, marque la fin des combats de la Première Guerre mondiale (1914-1918), la victoire des Alliés et la défaite totale de l’Allemagne, mais il ne s’agit pas d’une capitulation au sens propre.

En 1914, ce sont 365 personnes qui habitent le village, mais il faut ajouter 315 militaires qui logent dans les casemates du fort et des batteries.

Le 31 juillet 1914, Emile CHRÉTIEN, le garde champêtre va de maison en maison distribuer aux réservistes des ordres de mobilisation individuels qui leur enjoignent de regagner sans délai leurs corps d’armée. Juste le temps de casser la croûte, de préparer un petit baluchon, d’embrasser femmes et enfants et ils se retrouvent sur la route de Toul.

Et la vie habituelle reprend ses droits... Au petit matin à la mairie arrive l’ordre de réquisition des chevaux : sur 56. Au village il n’en restera que 37. Puis deux gendarmes remettent au maire une grande enveloppe cachetée, elle contient une affiche « ordre de mobilisation générale ».
Le maire prévoit une évacuation des familles pour échapper aux dangers éventuels d’un siège et évacuer suivant les instructions « les bouches inutiles ». Il doit aussi « recenser les ressources en vivre du village », affecter les caves voutées aux familles, signaler les obus non éclatés, interdire de sonner les cloches... Il reste 251 personnes.

C’est alors que commence l’évacuation des familles par le train en partant de Toul, pénible voyage vers l’ouest sans but précis. Ils sont accueillis à Meaux, au séminaire et s’installent tant bien que mal. Le 7 août il ne reste que 145 habitants au village, dont 10 enfants.
Les nouvelles du front ne sont pas très bonnes. Tandis que nos troupes résistent devant Nancy, les allemands poursuivent leur avance et ils approchent de Meaux. Une nouvelle fois nos gens font leurs ballot et sont conduits vers le sud.
Bientôt les allemands sont bousculés sur le front et se retirent en déroute vers l’est. Au camp de Bois l’Evêque 10 000 soldats ont été rassemblés pour participer à « l’offensive de Lorraine », mais le 11 novembre le clairon de l’armistice annonce la fin de tous les combats et tout s’arrête.

Le cessez-le-feu est effectif à onze heures, entraînant dans l’ensemble de la France des volées de cloches et des sonneries de clairons annonçant la fin d’une guerre qui a fait plus de 8 millions de morts et d’invalides ou mutilés. Les généraux allemands et alliés se réunissent dans un wagon-restaurant aménagé provenant du train d’Etat-major du maréchal Foch, dans la clairière de Rethondes, en forêt de Compiègne.

En 1920 naît l’idée de rendre hommage aux soldats de la Grande Guerre « morts pour la France » mais non identifiés. À la suite d’une loi votée à l’unanimité par le Parlement, la dépouille mortelle d’un soldat choisi parmi plusieurs autres dans la citadelle de Verdun est déposée le 11 novembre 1920 dans une chapelle ardente à l’Arc de Triomphe. Le 28 janvier 1921 le soldat est inhumé sous l’Arc de Triomphe dans la tombe du Soldat inconnu. Ce n’est que trois ans plus tard, le 11 novembre 1923, qu’est allumée, par André MAGINOT ministre de la Guerre, la flamme qui ne s’éteint jamais, donnant au tombeau du Soldat inconnu une forte portée symbolique et politique.

Dans la Grèce antique, un cénotaphe était un monument érigé à la mémoire d’une personne mais qui ne contenait pas de corps. Les monuments aux morts de la guerre 1914-1918 sont de ce fait, des « néo-cénotaphes ». Ils opèrent un « découplement » de la mémoire du défunt : sa commune natale, celle où il était citoyen, homme, père ou fils, le célèbre par son nom, par son identité de personne. Son corps, celui du soldat mort au combat, reste, quant à lui, parfois non identifié, dans les charniers des champs de bataille. L’existence des monuments aux morts nominatifs résulte aussi d’une contrainte technique très importante : l’identification, l’acheminement et le listage des corps, était impossible à la fin de la guerre. Ces monuments ont donc remplacé les cimetières. Dans notre village très peu de soldats ont été inhumés à Villey le sec. La petite fille de M. PELTIER raconte que sa grand-mère avec ma mère sont allées rechercher le corps du grand-père dans la Somme, pour l’inhumer au cimetière « mort pour la France ».

Si le village de Villey le sec a échappé aux grands malheurs de la guerre, ses enfants ont payé un lourd tribut. Ils sont 15 à avoir donné leur vie pour la patrie.
On déplore le décès de :

  1. Emile JOLIN le 8 septembre 1914 : 40 ans né le 5/05/1874
  2. René CROPSAL le 11 décembre 1914 : 26 ans né le 18/07/1888 à Custines
  3. Emile WENDELING engagé volontaire le 15 mai 1915 : 18 ans né le 24/08/1879 à Verdun
  4. Henri HÉCHON le 27 juillet 1915 mort pour la France : 20 ans
  5. Constant CROPSAL frère de René le 14 novembre 1915 : 30 ans, né le 22septembre 1885 à Romont
  6. Raymond DENIS le 19 décembre 1915 : 25 ans, né à Toul le 1/11/1890
  7. Louis GABRIEL le 2 mars 1916 : 24 ans, né le 1/08/1887 à Villey le sec
  8. Jules GÉRARD le 9 avril 1916 : 22 ans né le 12/03/1894 à Villey le sec
  9. Céleste BEURARD le 4 septembre 1916 : 24 ans, né le 26/12/1892 Villey le sec
  10. Paul PELTIER le 18 avril 1917 : 38 ans, né le 29/06/1879 Villey le sec
  11. Jules URBAIN le 5 mai 1917
  12. Pierre LHUILLIER le même jour, le 5/05/1917 21 ans, né le 7/08/1896 Villey le sec
  13. Robert THOUVENIN le 12 avril 1918 20 ans, né le 20/01/1898 à Villey le sec
  14. Alphonse PELTIER le 12 août 1918 41 ans né le 16/11/1876 à Villey le sec
  15. H DUBOZ, mort en 1917