Villey le sec
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Transformation de la vallée de la Moselle

par Danièle URIOT

Après la guerre de 1870, commença une période de grands travaux. Ce fut la 3ème république.

Cette époque entraîna beaucoup de changements...

Conséquence de la guerre de 1870, le système défensif Séré de rivières fut installé sur toutes les frontières terrestres de la France, ce qui nous valut la construction du fort de Villey le sec et ses conséquences pour la commune.

La défaite française de la guerre de 1870 et l’annexion de l’Alsace et d’une partie de la Lorraine (Traité de Francfort) rendaient indispensable le désenclavement des Vosges pour le transport fluvial.

Collection Danièle URIOT

Les voyageurs qui voulaient venir à Villey le sec, traversaient la Moselle au gué de Brifonvau. Un batelier domicilié sur la rive gauche de la rivière assurait le passage aux hautes eaux au moyen d’une nacelle.

En janvier 1770 plusieurs personnes périrent noyés, la nacelle qui les transportait ayant versé à cause du grand vent.

Collection Danièle URIOT

Les gués de Brifonvau et la Brocotte servaient aux cultivateurs pour ramener au village les foins des prés de la rive gauche. Il s’agissait des prés du Breuil et du Nau Guénolé, qui faisaient partie du territoire de Pierre la Treiche bien qu’appartenant en totalité à des habitants de Villey le sec. Ils furent cédés au village de Villey le sec le 16 février 1874. En 1872 quand il fut question de canaliser la Moselle, un barrage et une écluse firent l’objet d’une étude sur le territoire de Villey le sec.

Devant l’impossibilité d’utiliser les gués, la construction d’un pont devint indispensable. Les services de la navigation établirent un projet qui consistait en un ouvrage assis sur les fondations du barrage. Le prix en était de 40000 francs à la charge de la commune. Lourde charge pour un budget, même en y intégrant la cession des terrains où devait passer le canal, même en cédant gratuitement des terrains où serait établie la rampe d’accès au pont. On était loin du compte. Il fallut faire un emprunt sur 25 ans.

Collection Danièle URIOT

Sur cette carte on voit au bord de la Moselle, les habitants laver leur linge, qu’ils ont descendu avec un tombereau.

On remontait le plus souvent par la grimpette.

Collection Danièle URIOT

A Villey le sec, on perça un canal, construisit une écluse et un barrage.

Collection Danièle URIOT

Ce canal, maintenant appelé Canal des Vosges longe la Moselle de Toul à Corre, relie la Lorraine à la Franche-Comté. Il est alimenté par des petits cours d’eau comme le Côney ou des retenues artificielles comme le lac de Bouzey.

Collection Danièle URIOT

A Villey le sec dans la vallée se trouvait le barrage à aiguilles et fermettes de type Poirée. Le barrage à aiguilles, créé par l’ingénieur Charles Antoine François Poirée en 1834, qui s’inspirant des anciens pertuis, étendit le système sur toute la largeur du cours améliorant considérablement la navigation fluviale. dès la moitié du XIXe siècle. Le système Poirée consiste en un rideau de madriers mis verticalement côte à côte barrant le lit du fleuve. Ces madriers ou aiguilles d’une section de 8 à 10 cm et longues de 2 à 4 m, selon les barrages, viennent s’appuyer contre un butoir (ou heurtoir) du radier (sur le fond) et sur une passerelle métallique constituée de fermettes. Ces fermettes peuvent pivoter pour s’effacer sur le fond en cas de crue et laisser le libre passage aux eaux. Les fermettes sont reliées entre elles par une barre d’appui qui retient les aiguilles et une barre de réunion, de plus elles constituent la passerelle de manœuvre. Les aiguilles à leur sommet présentent une forme qui permet une saisie aisée. Néanmoins c’est un travail fastidieux, long et dangereux (il faut plusieurs heures et le travail de plusieurs hommes pour mener à bien la tâche).

Le tout, proche de la porte de garde qui isolait le bras de canal pendant les crues. Sur cet îlot auquel on accédait par un petit pont, se trouvait la maison du barragiste de Paul Thouvenin et sa famille.

Collection Danièle URIOT

Le 27 juin 1815 la commune demande à l’administration forestière l’autorisation de faire usage du chemin forestier situé au nord de la forêt de l’Evêque, depuis le ravin de Brifauvaux jusqu’au canton de Naux Géradé pour l’exploitation des terrains de ce canton. L’administration est d’accord mais il faudra entretenir ce chemin et verser annuellement une somme de 2 francs à la caisse des domaines.

Collection Danièle URIOT

Le 29 septembre 1872 :
Considérant que les travaux projetés pour la canalisation de la Moselle rendent impraticable les gués de Brifauvaux et de la Brocotte qui seuls donnent accès aux prairies et aux terres que les habitants possèdent sur la rive gauche de la Moselle considérant qu’il parait possible d’établir un pont au droit du barrage qui sera construit au bas du gué de Brifauvaux et qu’en utilisant les fondations du barrage le pont pourra être plus économique, le conseil demande donc la construction de cet ouvrage. Il offre à cet effet de fournir gratuitement les terrains communaux nécessaires à l’établissement des rampes d’accès et dont la valeur n’est pas moins que 25.000 francs.

Le 29 janvier 1873 :
Le creusement du canal occupera une surface de 4ha16a10ca sur le territoire de Villey. La navigation en propose 30.000 francs ce qui est équitable. Mais le conseil éprouve des craintes pour le reste des terrains tant sur le territoire de Pierre et de Sexey aux forges qui appartiennent à des habitants de Villey. La surface exploitée par la commune sur la rive gauche s’élève à 70 hectares tant aux habitants qu’à la commune.

Les gués supprimés par les travaux, comment pourrait se faire cette exploitation ?
Les ingénieurs de la navigation bienveillants reconnaissent eux-mêmes ce faits ils ont dressé un projet qui couterait 45.000 francs.
Il resterait donc 15.000 francs à payer. Maron et Messein viennent d’avoir une subvention de 5.000 francs par le conseil général Villey le sec demande une aide également.

Session de février 1875 : Besse et Legrand entrepreneurs canalisation de la Moselle quand ils ont extraient des pierres dans la carrière du bas de la côte pour le pont sur le radier du barrage ont occupé plusieurs parcelles du pâtis partagés. Il faut donc procéder au règlement des indemnités. Partage et tirage au sort des terrains à savoir la prairie du Saulcy et les terrains arables du Tremblot, par suite de l’aliénation des terrains faite par la commune à la navigation.

Le 14 aout 1877, la commune verse à la caisse du Trésorier Payeur Général de Meurthe et Moselle 6.000 francs comme contribution aux dépenses nécessaire pour l’achèvement du pont et de plus 500 francs aussitôt que ses économies pourront le lui permettre pour terminer le garde-corps du pont.

Le 8 mai 1881, le conseil municipal attendu que les principaux propriétaires de la commune de Villey le sec possèdent des prés au lieudit l’anneau Géradé, situés de l’autre côté de la Moselle canalisée et au Chanteheux, qu’il est presque impossible de rentrer leurs récoltes en passant par le chemin du bois l’évêque et qui est impraticable malgré les réparations qui y ont été faites et que d’ailleurs il faut faire un détour considérable, que depuis la construction du barrage, le passage que nous avions à la Goulotte, aboutissant exactement à nos deux prairie a été supprimé par l’exhaussement du niveau des eaux, lors de la construction du pont, le directeur des travaux avait promis au chemin pour l’exploitation de ces terres en 1879 et 1880, on a pu utiliser le chemin de halage mais seulement pendant la période des foins ; demande l’autorisation continuelle du chemin de halage, en s’engageant à faire les réparations nécessaires.

La commune à cette époque comptait 378 habitants 112 ménages : 4 gros propriétaires qui exploitaient une bonne partie des terres, avec l’aide des vignerons (62), qui les aidaient dans leur tâches en contrepartie de service rendu par les propriétaires. Il y avait aussi 14 bucherons et 7 cultivateur. Tous devaient passer un jour ou l’autre les gués pour exploiter les prairies le long de la Moselle.

Le long de la Moselle on y faisait ses lessives et on étendait le linge à sécher sur les près, on barbotait dans l’eau. Les jeunes se rassemblaient pour de bonne partie de rigolade et jouait à proximité du barrage même en entendant les cris du barragiste qui n’était pas content et qui avait peur d’un accident.

Jean-Pierre URIOT

La vallée de la Moselle et son nouveau pont à repris son cours et tout le monde s’y est habitué, mais il a fallu construire un abreuvoir au village car les berges de la Moselle avait remonté et les bovins ne pouvait plus s’abreuver. Et aussi remettre en état le chemin qui descendait à la Moselle pour qu’il soit plus carrossable.

Tout le site a été remanié creusé, élargi. Ces travaux ont eu une action néfaste sur le puits qui alimentait le village, qu’il a fallu reconstruire sur le plateau. Puits qu’il a fallu à nouveau déplacer dans la plaine alluviale jouxtant la Moselle.

Le canal de l’Est Branche-Sud qui emprunte pour un bief entre l’écluse de Villey et celle de Neuves-Maisons, le cours aménagé de la Moselle, permet notamment d’aller vers la Saône, puis le Rhône

Cent ans ont passé, depuis, les péniches de 1300 tonnes remontent la Moselle. Ce lieu a totalement disparu pour laisser place aux ouvrages modernes actuels (écluse à grand gabarit et barrage à segments). En décembre 1979, les péniches peuvent desservir les usines de Neuves Maisons.

Pour en arriver là d’importants travaux ont été entrepris qui ont considérablement modifié le profil du lit de la Moselle et changé l’aspect de la vallée. Via l’usine de Neuves-Maisons, ou dans l’autre sens vers Toul permet aussi de rejoindre le Canal de la Marne au Rhin vers Paris ou Strasbourg, soit d’aller vers le Nord, la Meuse et les Ardennes.

La prise d’eau qui alimentait le village devenait inutilisable et était remplacé par un puits de 120 mètres de profondeur foré au nord du chemin de courbevau en haut de la côte, qui après bien des péripéties fut abandonné pour un forage dans la vallée de la Moselle.

Où est passé le temps d’un travail pénible sur les barrages en période de mauvais temps (glaces ou crues). Aux équipes composées de 5 à 6 hommes travaillant jour et nuit, remplacées par la gestion électronique du barrage...

Une écluse de 185 m de long assure une dénivellation de 7,20 m avec une cabine ou se trouve tous les organes de contrôle et de signalisation. En 1988 une microcentrale a été construite dans le prolongement du barrage.


Le modernisme a modifié l’aspect ancien de la vallée, mais il est toujours aussi beau et un camping s’est installé profitant de ce paysage sympathique.